Arrêt de travail pour maladie : indemnités journalières, carence et droits du salarié

💼 Guide pratique — Travail & chômage

En tant qu’expert du social intervenant depuis 25 ans auprès de personnes confrontées à des baisses brutales de revenus, je constate qu’un arrêt maladie mal anticipé financièrement peut déstabiliser un budget en quelques semaines seulement.

En bref : l’Assurance Maladie verse des indemnités journalières après un délai de carence de 3 jours, égales à 50% du salaire journalier de base, plafonnées. L’employeur peut compléter ce montant selon votre ancienneté et votre convention collective.

Cas concret

Karim, salarié depuis 4 ans, a été arrêté 6 semaines pour une opération. Ses indemnités journalières couvraient environ 50% de son salaire, et son employeur a complété jusqu’à 90% pendant les 30 premiers jours grâce à son ancienneté. Passé ce délai, sa perte de revenu a atteint près de 400€ sur le dernier mois, qu’il a pu limiter en anticipant une demande d’aide ponctuelle auprès de son action sociale d’entreprise.

Quel est le délai de carence en arrêt maladie ?

Le délai de carence est de 3 jours pour un arrêt maladie classique dans le régime général : aucune indemnité journalière n’est versée pour ces 3 premiers jours, sauf accord collectif plus favorable. En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, il n’y a aucun jour de carence.

Salarié en arrêt maladie consultant ses droits aux indemnités journalières et au maintien de salaire

Comment est calculé le montant des indemnités journalières ?

L’indemnité journalière (IJ) versée par l’Assurance Maladie correspond à 50% du salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des 3 derniers salaires bruts, dans la limite d’un plafond mensuel fixé chaque année par la Sécurité sociale.

Glissez →

Élément Montant / règle en 2026
Délai de carence (maladie classique) 3 jours non indemnisés
Délai de carence (accident du travail) 0 jour
Taux de l’indemnité journalière 50% du salaire journalier de base
Durée maximale de versement 360 jours sur une période de 3 ans

Qu’est-ce que le maintien de salaire par l’employeur ?

Au-delà de l’indemnité journalière, l’employeur peut être tenu de compléter votre salaire selon la loi de mensualisation, sous condition d’ancienneté minimale d’un an.

  • 90% du salaire brut pendant les 30 premiers jours d’arrêt
  • 66,66% du salaire brut pendant les 30 jours suivants
  • Ces durées augmentent de 10 jours par tranche de 5 ans d’ancienneté supplémentaire
  • De nombreuses conventions collectives prévoient des conditions plus favorables : vérifiez la vôtre

Un délai de carence employeur de 7 jours s’applique en général avant le début du complément, sauf accord d’entreprise plus favorable.

Combien de temps peut durer le versement des indemnités journalières ?

Les indemnités journalières sont versées pendant 360 jours maximum sur une période de 3 années consécutives, tous arrêts confondus pour une même pathologie. En cas d’affection de longue durée (ALD), cette durée peut être portée à 3 ans.

Passé ce délai, une demande de pension d’invalidité peut être étudiée par le médecin-conseil de l’Assurance Maladie si l’incapacité de travail persiste.

Les indemnités journalières sont-elles imposables ?

Oui, les indemnités journalières versées pour une maladie non professionnelle sont intégralement soumises à l’impôt sur le revenu, au même titre qu’un salaire. Elles figurent pré-remplies dans votre déclaration annuelle.

Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, seule 50% de l’indemnité est imposable, le reste étant exonéré. Dans tous les cas, la CSG et la CRDS sont prélevées directement par la CPAM avant versement.

Les indépendants et les fonctionnaires ont-ils les mêmes droits ?

Non, les règles diffèrent selon le statut professionnel, même si le principe d’indemnisation existe dans les deux cas.

  • Travailleurs indépendants et micro-entrepreneurs : indemnités journalières calculées sur le revenu annuel moyen déclaré, avec un délai de carence pouvant atteindre 3 jours pour un arrêt classique
  • Fonctionnaires : régime de congé de maladie ordinaire, avec salaire maintenu à 100% pendant 3 mois puis à 50% pendant les 9 mois suivants, sans indemnités journalières de la Sécurité sociale

Ces régimes spécifiques méritent un traitement détaillé à part entière ; ce guide se concentre sur le cas général des salariés du secteur privé.

Que faire si l’employeur ne verse pas le complément de salaire ?

Si le maintien de salaire prévu par la loi ou la convention collective n’est pas versé, plusieurs démarches sont possibles avant d’engager une action judiciaire.

  1. Vérifier l’ancienneté et la convention collective applicable pour confirmer le droit au complément
  2. Relancer l’employeur par écrit, en citant l’article L1226-1 du Code du travail
  3. Contacter les représentants du personnel ou l’inspection du travail si la relance reste sans effet
  4. Saisir le conseil de prud’hommes en dernier recours pour obtenir le versement des sommes dues

Quel impact financier réel un arrêt maladie prolongé a-t-il sur le budget ?

Même avec un maintien de salaire, la perte de revenu nette se situe souvent entre 10% et 50% du salaire habituel selon la durée et l’ancienneté, notamment après épuisement du complément employeur.

Point de vigilance : les charges fixes du foyer (loyer, crédits) ne diminuent pas pendant l’arrêt. Anticiper un arrêt de plus de 30 jours en contactant son service social ou sa caisse de retraite complémentaire permet souvent d’éviter un impayé.

Quelles aides existent en cas de difficulté financière pendant un arrêt maladie ?

Plusieurs dispositifs peuvent limiter l’impact d’un arrêt prolongé sur votre budget, en complément des indemnités journalières et du maintien de salaire.

  • Action sociale de la CPAM : aide financière ponctuelle pour les assurés en difficulté
  • Prévoyance d’entreprise si votre contrat de travail ou convention collective en prévoit une
  • Report d’échéances de crédit auprès de votre banque en cas de baisse de revenu prolongée
  • RSA ou prime d’activité si la perte de revenu fait chuter durablement vos ressources

Notre guide sur les conditions du RSA et notre page sur le rachat de crédits détaillent ces solutions complémentaires.

L’avis de l’expert — Hamoudi Aïfa

Dans mon accompagnement, je recommande systématiquement de vérifier sa convention collective dès le premier jour d’arrêt : beaucoup de salariés découvrent trop tard qu’ils avaient droit à un maintien de salaire plus favorable que le minimum légal.

Mis à jour en juillet 2026 · Voir mon parcours et mes qualifications

Questions fréquentes sur l’arrêt maladie et le salaire

Combien de temps dure la carence en arrêt maladie ?

3 jours pour un arrêt maladie classique dans le régime général, 0 jour en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

Quel pourcentage du salaire est versé en arrêt maladie ?

L’Assurance Maladie verse 50% du salaire journalier de base. L’employeur peut compléter jusqu’à 90% puis 66,66% selon l’ancienneté.

Faut-il un an d’ancienneté pour avoir droit au maintien de salaire ?

Oui, la loi de mensualisation fixe une condition d’ancienneté minimale d’un an, sauf convention collective plus favorable.

Que faire si l’employeur ne verse pas le complément prévu ?

Relancer par écrit en citant l’article L1226-1 du Code du travail, puis saisir les représentants du personnel ou le conseil de prud’hommes si besoin.

Combien de temps peut-on toucher des indemnités journalières ?

360 jours maximum sur 3 ans pour une même pathologie, avec une possible extension en cas d’affection de longue durée.

Un arrêt maladie peut-il entraîner un licenciement ?

Un arrêt maladie ne peut pas être un motif de licenciement en soi, mais une désorganisation durable de l’entreprise peut justifier un licenciement pour un autre motif, encadré par la loi.

Quelles aides existent en cas de perte de revenu prolongée ?

Action sociale de la CPAM, prévoyance d’entreprise, report d’échéances bancaires, ou RSA/prime d’activité selon votre situation.

La carence s’applique-t-elle à chaque nouvel arrêt ?

Oui en général, sauf si le nouvel arrêt intervient dans les 48 heures suivant un précédent arrêt pour la même pathologie, où la carence n’est alors pas redécomptée.

Les indemnités journalières sont-elles imposables ?

Oui pour une maladie non professionnelle, elles sont intégralement imposables. Pour un accident du travail, seule 50% de l’indemnité est soumise à l’impôt.

Un fonctionnaire a-t-il les mêmes indemnités qu’un salarié du privé ?

Non, le fonctionnaire relève du congé de maladie ordinaire : salaire maintenu à 100% pendant 3 mois puis à 50% pendant 9 mois, sans indemnités journalières de la Sécurité sociale.

Entre carence, indemnités journalières et maintien de salaire, la perte de revenu réelle pendant un arrêt maladie dépend fortement de votre ancienneté et de votre convention collective. Vérifier ses droits dès le premier jour d’arrêt permet d’anticiper l’impact sur son budget.

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